prochain concert
Y’a des jours où on est vraiment content d’avoir 2 oreilles, 2 mains et 2 pieds. L’autre jour, à Oraison, c’était un jour comme ça. Un jour à entendre, taper dans ses mains et danser. La première raison à ce remue-méninge, c’était Jeff Zima. Depuis 2002, date du 1er concert d’EDB, puisque c’est avec lui que tout a commencé, il a rajeuni : je serais curieux de savoir si c’est grâce à ses cheveux raccourcis ou à sa fraîche nationalité française.
Heureusement, il a gardé son jeu de guitare, qui part dans des histoires qu’on se demande s’il va s’en sortir, et il s ‘en sort. Le même rapport avec le public aussi, qui brise la relation acteur / spectateur. Et cette envie, cette joie d’être là, qu’il traduit par des discours n’engageant que lui, mais toujours pleins d’humour. Ses acolytes de longue date, Fred « j’reviens quand tu veux » Jouglas à la basse, et Michel Jirkoff à la batterie, semblent faire partie du paysage ; avec un petit plus à Fred pour son somptueux solo. Et puis, il y avait Youssef Remadna. Toujours prompt à la plaisanterie comme au chorus d’harmonica. Youssef, on l’avait déjà vu, entendu (même ses mauvaises histoires drôles), aimé. Mais là, il fut royal. Comme s’il avait trouvé son exacte place, celle qui lui permettait de donner toute la dimension à son talent, à sa voix, à son jeu. Et le tout, à l’unisson avec Jeff, sans jamais se prendre au sérieux. C’est simple, toute la salle dansait.
Festif pour festif, on a fait entrer Andy J. Forest dans l’arène. Je sais pas si c’est pour être à la hauteur de son prédécesseur, mais il est parti pour un set au grand galop, avec 3 morceaux qui nous ont empêché de prendre la coite position de l’auditeur béat. Bouge ton cul, c’est pour ça que je suis là ! Et puis il a sorti son arme absolue, le washboard. Transformé en bluesman-chevalier, il nous a transportés en Louisiane pour recevoir le baiser vaudou (voodoo lips). Et nous autres, plongés dans l’atmosphère humide des bayous, nous dansions.
Et ça n’est pas son trio italien qui nous aurait calmés. Pablo Leoni, le batteur fougueux, Luca Tonani, le bassiste tatoué, et surtout Eggy Venzano, le guitariste, qu’on ne connaissait pas et qui nous a épaté, autant par sa technique que par son expressivité. Viva Italia. Et tout ça s’est bien sûr terminé par un bœuf monstrueux, mélangeant les fous de la Zima Cie et les poètes louisiano-transalpins. Et nous on a continué à danser. Jusqu’au bout de la nuit …