prochain concert
L’habitude, c’est de manger tous ensemble juste avant les concerts. Ce soir là, je crois que nous avons eu de la daube. Une paella aurait été plus appropriée. Miguel ne l’aurait certes pas reniée bien que janvier ne soit pas un bon mois pour les fruits de mer. Mais procédons dans l’ordre : nous sommes le 28 janvier 2006, à l’Eden, et le premier mets servi s’appelle Morning Blues. Ce serait trop facile pour moi de dire que ces 3 hauts alpins ont atteint des sommets, je dirai donc plutôt qu’ils ont assuré une entrée en matière fort agréable.
Normal puisque ce groupe est coutumier des apéritifs : en effet, il tourne sur les scènes de la région depuis 10 ans et Thierry Grilla, Romuald Laur et Christophe Garnier n’ont pas lésiné sur la glace pilée. Si le public les a laissé partir à l’entracte, c’est qu’il se réservait pour le plat de résistance. Et plutôt que de nourriture terrestre, je vais m’attacher maintenant aux nourritures spirituelles. Miguel M est présenté comme un grand show man. Et c’est vrai. Miguel M un bluesman ? Bien sûr, mais pas seulement. C’est avant tout un musicien. Et un chanteur : la voix est posée, posée là où il faut, sans jamais forcer ni crier.
Avec ses 5 compères, il manie le funk à la perfection, et c’est avec ce grigri qu’il va d’abord attirer le public. Sa reprise du «don’t give up the fight» (n’abandonne pas le combat) de Bob Marley sera révélatrice de l’état d’âme de Miguel puisqu’à aucun moment du concert il ne lâchera prise, suivi qu’il sera par le public. Et c’est seulement en deuxième partie qu’il déclarera vouloir jouer un blues «puisque après tout on était là pour ça». Et en magnifique
guitariste qu’il est, il nous exécutera une version de «the purist», une composition personnelle en hommage à John Lee Hooker, qui donnera la chair de poule aux premiers rangs et fera tomber en pâmoison quelques demoiselles.
Quelle énergie ! Mais Miguel ne fait pas ça tout seul. Abder Benachour le bassiste et Patrick Machenaud le batteur, que l’on avait déjà vus, Fred Souchon le guitariste, Jean-Claude Thies le saxophoniste et Damien Cornelis aux claviers le soutiennent avec talent. Et le poussent même à aller un peu plus loin. Miguel se venge par l’humour ; on aurait presque envie de dire par l’amour. Monsieur M, tu nous as fait danser, tu nous as fait chanter ; même les pires des puristes t’ont adoré. Tu peux revenir quand tu veux, c’est une soirée que l’on n’oubliera pas. Encore une vraie soirée de plaisir, comme on les aime, de plaisir partagé entre le public et les musiciens.Et c’était bien ça le dessert

 

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