prochain concert
La fin de janvier est toujours synonyme de froid, de jours courts encore, voire de neige. Ce 27 là , point de froid, point de neige. On aurait même pu prévoir un peu de fog, ce brouillard anglais qui va si bien à notre musique bleue, rappelant l’atmosphère enfumée des juke joints. Sauf que la soirée s’annonçait blonde, anglais justement, plutôt que black du Delta. Une fois l’atlantique franchi, c’est pas si éloigné qu’on le croirait, finalement.
En première partie, Back Door, des gars du coin, des gars de la haut devrais-je dire – de Briançon. De son pays d’altitude, Youssef Remadna a le souffle qui fait vibrer son harmonica. Il a la voix, aussi pure et puissante que l’oxygène des hautes montagnes. Et il a l’humour aussi, qu’il aime partager avec tous. Son alter ego, Dom Talma, aussi impassible que Youssef est exubérant, semble «marié» à sa guitare. Un de ces mariages où règne l’harmonie, dans lequel l’un connaît tout de l’autre et qui sait ou il va.
On les regarde et on les envie. On les écoute et on partage. Que demander de plus à des musiciens ? Et puis vinrent les anglais. Connie Lush et Blues Shouter. Lush, en anglais, ça veut dire luxuriant. Au moins. Ca devrait se traduire aussi par généreux, tant Connie donne sur scène, une show-woman au sens vrai.
Avec son chapeau ou blonde chevelure découverte, elle attire le regard ; mais c’est surtout sa voix, puissante et expressive, qui capte l’attention. Un personnage cette Connie, quel talent ! Ses copains, derrière, dans un autre registre, n’ont rien à lui envier. Ces 4 là, avec Connie, jouent ensemble depuis un paquet de temps. Et ça s’entend. John Lewis, le guitariste, rentre pile dans les bottes du bluesman anglais. Peu, voire aucune émotion sur le visage, mais une envie, une technique de très haut niveau. Et curieusement, ça marche, très fort même. La communication avec le public s’établit et ses solos sur «doctor doctor» écrit par Connie, ou «built for comfort» de willie Dixon, se passent de grands gestes. De la distance, de la hauteur de vue. Autant d’éléments partagés par Terry Harris, le bassiste et, accessoirement, mari de Connie. Admirable de flegme, portant sa basse très haut et semblant la repousser et la repousser encore, tout en soutenant les morceaux, les portant plus haut. Le batteur, Carl Woodward, est bien-sûr à l’unisson, se fondant avec son compère bassiste pour assurer la base. Et en pleine lumière, seul avec Connie pour un morceau magnifique, batterie-voix, rappelant le jazz revendicatif et moderne des années 70. Magnifique ai-je dit, et ça l’était. Ben, c’était la première fois que des anglais occupaient la scène de notre Eden bien-aimé. Faudra qu’on recommence. Ils sont forts ces anglais !

 

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