prochain concert
En cette fin du mois de novembre de l’an 2004, on se demandait ce qu’il convenait de fêter le plus de l’arrivée du beaujolais nouveau, ou de celle, plus rare, du Chicago Blues Festival dans notre bonne vieille ville. Nous n’avons pas eu à en débattre longtemps. Le choix fut fait pour nous par les membres de cette vénérable institution qu’est le Chicago Blues Festival, à savoir pour cette année Jody Williams,
Deitra Farr
et Junior Boy Jones
que ce soit l’une ou l’autre, ou même leurs musiciens, hormis le guitariste amateur de jus de fruits, tous ont célébré le beaujolais, profitant d’une occasion qui, pour des américains pur jus si j’ose dire, ne se représenterait pas de sitôt. Profitant, cela va sans se dire, sans en abuser, car ils n’avaient pas besoin de cela pour être d’humeur à la fête. Dans une salle de l’Eden remplie comme à l’accoutumée d’un public qui nous est désormais fidèle, et on l’en remercie, c’est Mr Junior Boy Jones qui a fait l’ouverture d’une soirée en deux parties, au cours desquelles Junior Boy Jones lui même, Miss Deitra Farr et Mr Jody Williams se sont succédés, pour finir par un feu d’artifice les réunissant tous 3 ensemble.
Junior Boy est un guitariste très physique, rompu aux échanges avec le public. En d’autres termes, c’est un maître chauffeur de salle. Et il a bien réussi dans son entreprise. Très classique dans le choix de ses morceaux, il nous a réchauffé de quelques bûches signées des grands nom de Chicago.
Comme son alter ego féminin, Deitra Farr, qui a entamé classiquement avec un titre parlant d’elle et de sa vie, et nous a distillé par la suite des pièces moins connues mais prêtes à devenir éternelles grâce à sa magnifique voix et à son charisme scénique. Jody Williams enfin, la star de la tournée, a joué une musique très personnelle, partant dans une direction dont visiblement une partie du public n’a pas l’habitude. Une musique plus complexe et intérieure, un univers qui a enthousiasmé la plupart, mais a laissé quelques à ses portes. Un guitariste magnifique quoiqu’il en soit. Et une personnalité hors du commun, fidèle à la place qu’il tient dans l’histoire du blues. Hors du commun également, le membres du Jody Williams Blues Band. Que ce soit le guitariste Chris James, le bassiste Patrick Rynnn, ou le batteur Willie Hayes, ils ont fait bien plus qu’accompagner leurs leaders. Avec une mention très spéciale pour un batteur très spécial qui, au-delà de sa chaleur humaine naturelle, communique sa joie de jouer au travers d’une technique de percussion et de mouvements des bras tout à fait extra-ordinaire, qui a rendu admiratifs et jaloux les quelques batteurs présents dans la salle.
Au moment de quitter notre ville, Patrick, le bassiste, m’a confié qu’en arrivant en France, il craignait l’accueil des gens vis à vis de l’attitude générale de son pays, de son président … Mais qu’il repartirait rassuré. L’accueil chaleureux et sans arrière pensée politique qui lui était fait partout en France, lui avait fait découvrir qu’ici, on vivait comme chez lui, et ça l’a rassuré. Peut-être un jour, grâce à la musique, nos mœurs seront-elles adoucies.

 

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