D'abord on a tiré les rois. En janvier ça se fait. Après seulement on est passé à d'autres rois, à d'autres galettes aussi. Avec Leadfoot Rivet pour commencer. Alain «pied au plancher» Rivet porte bien son surnom. La demie mesure il ne connaît pas. Il chante parce qu'il aime chanter, parce qu'il aime la musique par dessus tout. Alain, c'est aussi un ami pour nous. Sa vie, il l'a passée à côtoyer les plus grands de la soul et du blues, de moins grands aussi. Et toutes ces rencontres sont restées gravées en lui. C'est aussi ça qu'il chante, un peu de sa vie.
Et puis, il sait s'entourer le bougre. Le magnifique Boudot Lamot et sa casquette à la Maurice Biraud (c'est lui qui le dit... ), le flamboyant Fred Chapellier qui excelle même au bouzouki électrique qu'il découvrait à peine. 2 guitaristes que l'Eden connaissait et aimait déjà. Enfin Chris Mellies et Philippe Leroux pour asseoir une rythmique qui a tenu en haleine le public, même au-delà du rappel.
Et puis l'entracte. Voilà une tradition qui se perd un peu, mais que nous sommes fiers de perpétuer. Autour d'une bière, on refait le concert, on se prépare à la suite. Avec les musiciens, souvent : « t'as été vraiment bon ! » ou « c'est qui déjà en deuxième partie ? ».
La deuxième partie, c'était Matt Schofield. Une sorte d'ange blond britannique tirant des sons démoniaques de sa guitare Un type de guitariste qui se fait un peu rare, le guitar-hero. Seul ou presque sur scène, lui et son instrument. Avec quand même un batteur, l'excellent néo-zélandais Evan Jenkins et le fou de Hammond B3, Jonny Henderson. Les fûts dans le fonds, l'orgue sur le côté, le guitar-hero a toute la place pour s'exprimer. Oui bien sûr, il a écouté Stevie Ray et Robben Ford (nous aussi). Mais il a développé son truc à lui. La patte Schofield c'est d'abord un jeu de guitare assez rare, que même les puristes ont apprécié. Et aussi une personnalité qui ne doit rien à ses maîtres. Des mélodies qu'il compose, des accords, des harmonies cherchant une nouvelle voie, pour faire avancer notre musique préférée.
La vie n'est pas un long fleuve tranquille, et les concerts de Matt Schofield non plus, qui vous laissent entre deux eaux, entre l'ancien et le moderne. Pou tout dire, on a franchement bien aimé cet anglais. Et même qu'on aurait presque pu entonner, comme les sex pistols, le god save the queen, mais sur d'autres harmonies bien sûr.