Ce 28 novembre, la scène de l’Eden d'Oraison accueillait, pour la 5ème année consécutive, la mythique tournée du Chicago Blues Festival. Cette mouture nous avait été annoncée comme probablement une des meilleurs, sinon la meilleure de ces dernières années.
Du grand art donc pour cette tournée… des gens hyper sympa, un groupe duquel se dégage une saine harmonie, toujours le sourire, aucune exigence particulière, le comportement d’artistes au faîte de leur art, qui maîtrisent et donc ni ne se prennent la tête, ni ne se la jouent.
Mais par contre, pour jouer; ça joue, et pas pour rire. Un Willie Hayes fidèle à lui-même aux fûts, discret mais efficace, Russel Jackson à la basse, le «maître de cérémonie». Un virtuose au jeu particulièrement aérien et digeste, ce qui change de certains bassistes qui «bourinnent» autant que certains drums d’outre–manche. Andrew J.B. JONES, plus présent ( et aussi un peu plus gros…hi hi…) que lors de son dernier passage avec cette tournée. Énorme talent qui ne demande qu’à s’exprimer dans un jeu relativement souple, sans extravagance ni cascades superflues. Secondé du gars DC Bellamy, sacré guitariste également et quelle voix, quelle présence. Ken Saydak, le clavier, et quel clavier. Ce fut un bonheur pour moi de rencontrer enfin ce monstre sacré dont tout le monde parle et avec lequel justement, il ne m'avait encore jamais été donné de discuter, ce qui fut fait.
Et enfin LA DAME, une Shakura S'aïda toute en sourires, en remerciements pour la chaleur de l’accueil, le repas (pris en commun, comme d’habitude à Oraison, et c’est un must de chez must), les petites attentions, et la disponibilité des membres d'EDB qui, par conviction profonde du respect dû à l’artiste, savent recevoir comme s'ils étaient membres de la famille. Et le résultat est là, une prestation dont la qualité mérite non seulement d’être soulignée, mais gravée dans les mémoires. Une Shakura, magnifique jeune femme bourrée de feeling, de punch comme ce fut trop rarement le cas au niveau féminin des derniers CBF. Et encore du potentiel en réserve, c’est évident. Registre soul blues funky des plus opportun, une communication particulièrement active et positive avec un public conquis et répondant à l’unisson à cette immense générosité venant de la scène.
Un 1er rappel au cours duquel l’association avait eu la bonne idée de souhaiter à Shakura son anniversaire, qui tombait ce jour là, avec gâteau et bougies devant une salle debout, une salle en liesse et chargée d’électricité positive. Puis un 2ème rappel, honoré par l’ensemble des musiciens et le rideau est tombé. Mais le public a pu se faire photographier, avoir des dédicaces de tout ce beau monde, affable, disponible, souriant. C’est ça les vrais artistes, et quel charisme au sein de cette tournée. Sans oublier le petit Guillaume, leur road manager, facilitant au mieux les échanges, vigilant à tout et rassurant pour tous. La foule des spectateurs a mis longtemps à se disperser après que les lumières de la salle se fussent rallumées.
Une soirée rare, et je ne saurais qu'espérer pour vous, que vous ayez fait partie des veinards qui y ont assisté, à l'Eden ou ailleurs. Si je ne suis pas rentré dans les détails techniques des jeux instrumentaux des unes ou des autres, c’est que je n’y connais rien en musique et que j’en m’en fiche un peu… l’important, c’est cette magnifique émotion que ce spectacle nous a procurée, jusqu’au frisson, voir aux larmes. Une soirée magique : je ne me souviens pas avoir été saisi par une telle émotion depuis les John Primer et autres Little Mac Simons. Une tournée effectivement mythique et un grand cru, un très grand cru le CBF 2008 …