Novembre, c'est le mois des champignons, du beaujolais et du Chicago Blues Festival. Et cette année, c'est un bon crû. On se réjouissait de la venue de Willie « touch » Hayes et on attendait les 3 têtes d'affiche avec impatience. Eddie Taylor Junior a débuté le show. Un jeu de guitare très personnel, très facile ; un son qu'on croirait sorti d'un disque de Jimmy Reed – mais non, c'était son père à l'époque. Le bassiste Russel Jackson tient lieu de MC et nous annonce avec force effet de voix l'entrée en scène de Tail Dragger. Grand, mince et voûté, le chapeau vissé sur le crâne, il paraît et explique qu'il va chanter assis sur une chaise. Et qu'arrivé à son âge, on ferait pareil.
Mais on dirait plutôt que c'est pour se rapprocher du public, pour mieux établir la connivence. Et il crie son blues, comme s'il fallait qu'il l'extirpe. On le dit influencé par Howling Wolf, et c'est sans doute vrai. Il raconte ses histoires, et nous on les écoute, subjugués. Quand il va chercher dans le public un crâne dégarni, c'est pour mieux nous parler de son vécu (My Head Is Bald, son dernier album). Puis Lurie Bell investit la scène. Tenue noire, sobre, sans doute pour mieux mettre en avant sa guitare, d'un rouge flamboyant. So long ou I'll be you, difficile de le quitter des yeux tant on a pas envie de cesser de l'écouter. Voilà un vrai guitariste, un qui sait faire pleurer son instrument.
Et puis derrière, le magnifique Willie Hayes, toutes grimaces, sourires et baguettes dehors, qui tient la baraque avec une classe inégalée. Un accessit pour l'harmoniciste Martin Lang qui sait se mettre au diapason et souffler un peu de son âme.
Voilà, le Chicago Blues Festival 2007 est mort. Vive le Chicago Blues Festival 2008.