prochain concert
Il faisait chaud en ce 21 mai. Très chaud même. On aurait dit que le temps ne voulait pas être en reste. Aussi chaud que le concert, ou presque. Mr Tchang d’abord, accompagné de Cyryl Teid à la batterie et Joe Pento à la basse. Bluesman français qui a déjà fait 4 disques, Mr Tchang sait comment on fait lever les foules. Répertoire varié, chanté à la fois en anglais et en français, il revendique bien haut le droit aux mots bleus écrits en français. Il terminera d’ailleurs son show en nous contant l’histoire d’un petit chat qu’il voulait caresser, édifiante histoire d’animal à double sens. Mais entre temps il aura réussi à faire danser le public de l’Eden, et même à le faire jouer de la guitare, puisqu’un morceau sera interprété en « duo » avec un enfant assis au pied de la scène. Beaucoup d’émotion et de chaleur donc.
Et la température est encore montée pour la deuxième partie de ce concert ; M. Neal Black, «assisté» de Randy H. Catalan à la deuxième guitare, de Fred Roland, un marseillais, à la basse, et de Nico Pla à la batterie. Tous 4 musiciens confirmés et à la solde du côté obscur du blues. Personnage qui, paraît de prime abord mélancolique et introverti, Neal Black se transforme en loup dès qu’il accroche sa guitare à son cou.
Il dégage une énergie diabolique qui surprend puis entraîne dans son sillage tout être doté de deux oreilles. Guitariste de très haut niveau, il nous a montré ce que pouvait être le texas blues, Son texas blues. Sans jamais tourner trop la tête vers le passé ni tendre le cou vers un hypothétique avenir, il a trouvé la voie de sa juste musique. Et peut-être le plus intéressant chez Neal, c’est l’évolution constante et l’élan qu’il donne à la musique qu’il joue, en s’inspirant, sans jamais copier, en résistant aux sirènes des genres commerciaux et en sachant s’associer aussi des musiciens comme ceux qui l’accompagnaient ce soir là. Tous 3 instrumentistes aguerris, mais surtout show men, avec une mention spéciale pour le duo Catalan-Roland qui ont fait preuve d’une présence scénique rare pour des « seconds rôles ». L’apogée du concert fut, il me semble, le « who do you love » de Bo Diddley, un moment de pur plaisir partagé par un public enthousiaste et dansant. Public qui rappellera longuement Neal et ses acolytes pour prolonger tard dans la nuit ce moment d’intensité. Tant que des musiciens comme Neal Black continueront sur leur chemin, le blues continuera sur le sien.

 

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