prochain concert
Certains concerts sont pour les puristes, certains concerts sont pour les esthètes. D’autres, hélas, sont simplement ratés. Et il y a ceux qui visent le plaisir pur. Programmation réussie, sûrement. Coïncidence ou ambiance de la soirée, nul ne le sait. Mais ceux qui y étaient ne se sont pas posé ce genre de questions, et ils en ont bien profité.
Premier os, les chiens jaunes. Les yellow dogs portent bien leur nom : vous savez, ces chiens de la rue, sans pedigree mais avec une furieuse envie de mordre. Sauf que ça n’est pas la rage que vous attraperez avec eux, mais bien plutôt le rock’n roll. Trois gars très humbles, c’est assez rare pour le remarquer, qui prennent la musique suffisamment au sérieux pour se donner les moyens de maîtriser leurs outils, et qui, quand ils se lâchent, savent emmener ceux qui les écoutent dans leur pays.
Et chez eux, ça déménage, on ne s’y ennuie pas un instant. Trois excellents instrumentistes, qui s’entendent à la perfection et qui forment un ensemble à la personnalité affirmée, aux compositions pleines de bon goût et de feeling. Ils ont fait l’unanimité autour d’eux : un OVNI qui laisse une trainée de talent et de générosité après leur passage.

Second os, Boney Fields & the Bone’s Project (projet de l’os ou projet de Boney ?). Cet os là n’est pas un petit os, mais plutôt genre fémur. J’oserai presque, pour rester dans le squelette, une phalange funk. Car c’est bien de cela dont Boney nous a parlé. Soul, funk, arrête de penser et bouge ton âme, bouge ton corps. Et ses appels à la danse ne sont pas restés vains. Comment résister à sa trompette, à sa voix de velours, à son savoir faire venir les gens à lui et danser. Sept musiciens sur scène, venus uniquement pour nous donner du plaisir. La lumière venait plus du trombone de Pierre que de la poursuite braquée sur lui, les couleurs plus de la voix et du sax de Nadège que des projecteurs. Et bien sûr, la rythmique, clavier compris, qui envoyait un flot de groove ruisselant jusque dans les rues, juste pour soutenir une guitare bien là pour nous rappeler qu’il s’agit de blues tout ça.
Cet ensemble flamboyant nous a servi un patchwork de très belles compositions et de reprises des maîtres, dont un medley de James Brown qui a laissé des traces dans l’organisme. Organisme, ça n’est pas loin d’orgasme, et c’est bien de ça dont je parle. Une soirée, vous l’aurez compris, qui n’était pas faite pour les végétariens (c’est une image !). On y a dévoré la musique à pleines dents ; et c’est pour ça qu’on était venus…

 

B