prochain concert
Y’a la semaine du blanc et la semaine de vacances, et puis y’a la semaine de l’aventure, celle du blues. Une semaine c’est court, tant de choses à voir, à entendre, à vivre, à partager. M’enfin, on s’est bien amusés. On est allés au ciné : Le Blues Entre Les Dents de Robert Manthoulis. Je vous le conseille, rien que pour les 3 minutes hallucinantes de Furry Lewis. Un autre jour on a tout appris sur Big Bill Broonzy par la voix de Jean Buzzelin, maître ès musiques afro américaines. Un autre jour encore, on a fait un beau voyage avec des théâtreux de chez nous, qui nous ont raconté des histoires le long du Mississipi. C’était pas toujours du thé dans leurs verres de bourbon, et je crois bien qu’ils se sont amusés encore plus que nous. Et puis il y avait aussi le band si talentueux présent à chaque «animation». Toujours conduit par le MC Jean-Paul, avec Stéphane aux fûts, et d’autres amis encore, Gérard, Bruno, Eric aux manettes… Certains soirs, on est allé manger ou boire un verre dans un restaurant en écoutant La Marque Jaune, qui ne font pas dans le blues alimentaire, pourtant. On est même allés aux concerts réservés aux écoles. La blues pédagogique vu par les Honeymen, c’est pas triste. Franc succès pour eux et séance d’autographe à la fin. Faut dire qu’ils savent faire. Le samedi après midi, ils ont joué sur le kiosque, au milieu du village, pour tout le monde cette fois ; les 10 premiers rangs étaient remplis de minots. et ça, ça fait chaud au cœur. Le samedi justement, même l’harmonie en était, avec un programme spécial bien entendu. Et l’école de musique aussi ; ils n’étaient pas nombreux, mais ont reçu des renforts et on a bien aimé ça. Et puis, à l’heure de l’apéro, on a flâné aux terrasses des cafés avec ce brass band de toulousains : Riverboat’s Jazz Band. Boire ici une bière ou là une coupe de champagne, le bonheur se cache dans les petites choses. Enfin, le soir, la cerise sur le gâteau. D’abord avec Roland Thakounté.
Un mec vraiment gentil, ses copains aussi d’ailleurs, un mec normal presque. Sauf que quand il a sa guitare, c’est un autre homme. C’est ça le talent ! Avec le soutien de Mick Ravassat, son guitariste et Mathias Bernstein son percussionniste, il joue une musique, la sienne avant tout, qui va droit au cœur. L’Afrique y est présente, mais aussi le Mississipi et même la Loire si on prête bien l’oreille. D’aucuns parlent à son sujet de John Lee Hooker, de Traoré, de Corey Harris, mais c’est bien de Tchakounté qu’il s’agit. Et ce Roland là, si les petits cochons ne le mangent pas, nous promet de grandes choses à l’avenir. Enfin, c’est ce qu’on a entendu. Et le public aussi ; même et presque surtout ceux qui ne sont pas des puristes. Pour une fois, l’émerveillement a été partagé par tous, d’entendre une musique de cette qualité, jouée pour nous, par un être humain de cette qualité.
Il doit avoir les oreilles qui sifflent le Roland… Et puis après, RJ Mischo. Il était content d’être là, Robert Joseph. Lui ce qu’il aime, c’est le vin rosé. Alors pensez un peu, il en a profité, mais avec modération. Assez pour s’en souvenir, mais trop peu pour gâcher son souffle. Et il en avait besoin, de souffle, pour son harmonica. Un harmoniciste comme lui, il y en a peu. On en avait réécouté récemment des bons, pour se «faire les oreilles». Et on peut vous dire que le RJ, il est vraiment au panthéon des instrumentistes.
Quoi qu’il joue, c’est plusieurs tons au dessus de ce qu’on a l’habitude d’entendre. De plus, c’est un showman de première. Il nous a fait un morceau à la batterie, l’harmonica à la bouche, terrible. Et pour finir, ou presque, le moment du bœuf avec Elmore Jazz des Honeymen et Youssef Remadna de Back Door; 3 harmos à l’unisson, ou presque, chacun donnant sa version personnelle de l’instant. Du pur bonheur. Vraiment, ce RJ Mischo là était magnifique. Et puis les lumières se sont éteintes. On a tout rangé, la semaine était terminée. On s’est dit au revoir, et bonnes vacances. Mais les étoiles qui s’était allumées dans nos yeux brillaient encore.